Une femme coréenne avril 10, 2007
film d’Im Sang-Soo, sorti le 30 mars 2005, sélection officielle à la 60ème Mostra de Venise
“Une femme coréenne est l’histoire de ma vie, celle de ma femme, celle de ma famille, celle de mes amis.” affirme le réalisateur, “Cette génération [celle des années 80] a été la première à profiter d’une Corée nouvellement démocratisée, et de l’émergence du féminisme. [...] Le problème est que la Corée n’avait qu’une vague connaissance de ces valeurs que sont la démocratie et le féminisme, et qu’aujourd’hui les Coréens ont du mal à mettre en pratique ce qui n’était que de lointaines théories. Cette génération s’efforce d’être heureuse, mais se heurte à la difficulté d’appliquer son nouveau statut de génération libre.“
Comme une plume. Légère et gracile, les femmes coréennes arpentent à petits pas légers les trottoirs de Séoul. Elles tiennent parfois le bras d’une amie pour une séance de shopping nocturne au marché de Dongdeamun. Elégantes, les codes de beauté sont encore marqués par une certaine idée de la féminité : discrète et classique.
Elles rient en se cachant les lèvres. Derrière ce geste anodin, c’est tout une culture qui se révèle. La femme doit s’effacer et être expressive est presque “vulgaire”. Quid des nouvelles générations ? Une envie de sortir des codes ? La jeune femme coréenne n’a plus tellement envie d’être une mère de famille respectable au service de son mari. Elle rêve de son autonomie, de faire des études et d’avoir sa propre carrière. Le taux de natalité en Corée, un des plus faibles mondiaux (inférieur à 10 pour 1000 habitants), est un souci du gouvernement. Un enfant coûte cher et très peu de structures de garde existent. Etre mère signifie bien souvent rester à la maison et ça, beaucoup de jeunes femmes n’en veulent plus. Ainsi, les dernières années ont vu apparaître de nombreuses femmes célibataires, normalement rarissime, qui ont payé le prix fort pour leur liberté et leurs choix professionnels.
Certaines, à l’opposé, voient vite leur avantage à devenir une parfaite ajuma (femme au foyer). La vie à la maison est devenu plus simple. Le kimchi s’achète tout prêt ! en 2007, on a plus d’électroménager pour moins d’effort. La maison n’est plus une forteresse coupée du monde grâce par exemple à Internet et la télévision avec de multiples chaînes étrangères. Souvent, le déjeuner et l’après-midi se passe entre copines. On prend sa Hyunday toute neuve, et hop! un déjeuner près d’une rivière suivi d’une ballade dans le parc naturel à quelques kilomètres de la ville.
Naître garçon n’est pas plus facile ! pression pour devenir un parfait chef de famille, dure compétition dans les études et dans la carrière professionnelle… Les frontières des responsabilités se gomment, les jeunes hommes aident aux tâches ménagères et le style androgyne a plus de succès que le macho viril. Mais la génération précédente veille au grain et il est parfois difficile de composer avec nouveau style de vie, nouvelles aspirations et tradition.


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